Ukraine 2026
5 nouvelles menaces tuent le combat traditionnel
Guerre Ukraine 2026 : retour terrain combattant : surveillance permanente, drones FPV, mines droppées, MEDEVAC impossible. Et ce que ça change pour vous.

Comment les nouvelles menaces technologiques influent le matériel des soldats ? Quelles techniques pour se protéger ? Bien réagir pour rester en vie.
La réalité du front c’est qu’une décision matérielle (porter ou non une ghillie, retirer ou non sa protection auditive) c’est une réponse directe à une menace précise mais surtout extrêmement récente.
Réaction, bien souvent, située à l’opposé de ce que l’on apprend en formation. Contre intuitif pour certains, vital pour d’autres.
A la fin de cet article, vous aurez une vision claire et globale de comment fonctionnent vraiment les nouvelles guerres de 2026 et surtout de comment les adapter à vos problématiques.
Sources et support de réflexion opérationnelle
Source du témoignage
Entretiens vidéo publiés sur la chaîne YouTube Grand Them, série dédiée au retour de combattants étrangers engagés en Ukraine. La présente synthèse croise plusieurs épisodes pour proposer une grille de lecture par axe-menace en appui sur mes propres recherches et expériences. Liens vidéos exacts en fin d’article.
Qui parle
Michael « Mike » Jones, américain, ancien Air Force special warfare, qualifié successivement comme first assault specialist puis comme TACP (Tactical Air Control Party). Il a servi un an environ en Ukraine, dans un détachement d’opérations spéciales, principalement sur des missions de direct action (raid), d’observation avant et d’appui par armes lourdes (lance-grenades automatique, mitrailleuse). Mike Jones témoigne aussi de 47 missions de combat sur le front, dont une partie en rôle de « team shotgunner » : tireur au fusil à pompe à l’arrière d’un véhicule pour abattre les drones ennemis (mission CUAS, Counter Unmanned Aerial Systems).
Pourquoi la doctrine post-GWAT ne tient pas en Ukraine
La doctrine héritée du GWAT (Afghanistan, Irak, opérations contre l’État islamique) reposait sur trois hypothèses confortables. Sauf qu’aucune ne tient sur le front ukrainien en 2026.
- Supériorité aérienne amie absolue. Disparue. Vous êtes observé en permanence par des drones adverses dès que vous sortez d’un abri.
- MEDEVAC (évacuation médicale d’urgence) en moins de 20 minutes. Disparue. « Je ne peux pas être évacué en 20 minutes. Si vous êtes blessé sur certaines parties du front et que vous ne pouvez pas vous extraire vous-même, vous mourrez. Le commandement ne peut rien faire. » (Mike Jones)
- Durée de patrouille prévisible. Disparue. Une rotation prévue à 3 jours peut devenir 14 par minage à distance des routes logistiques.
De cette refonte radicale découlent toutes les adaptations qui suivent. Le kit ne change pas pour le plaisir d’avoir du nouveau matériel. Il change parce que le danger n’est plus le même. Les cinq menaces ci-dessous structurent le reste de l’article.

Le front est sectorisé en zones, chacune est couverte 24 heures sur 24 par un drone d’observation, en général un DJI Mavic ou équivalent. Quand l’autonomie d’un drone expire (30 à 40 minutes en moyenne), un autre prend la relève sans interruption. Mike Jones résume :
Ça peut sembler stupide, mais la façon dont j’aime y penser, c’est comme si vous étiez dans un grand magasin et que vous voyiez toutes les caméras dôme au-dessus de vous. Chaque centimètre carré de ce magasin est surveillé par une équipe de sécurité.
Mike Jones, sur la couverture aérienne en Ukraine
Altitude typique des Mavics : 100 à 250 m, ce qui rend l’engagement au sol presque impossible. Le seuil de détection auditive du drone par l’oreille humaine entraînée se situe entre 150 et 200 m en zone calme.
La signature individuelle devient le facteur n°1 de survie
Si on ne peut pas être complètement invisible, il faut au minimum être incertain pour l’algorithme de reconnaissance du drone. C’est de là que découlent les choix de matos ci-dessous.
Réponses matérielles
Leaf suit Lapa Gear Viper Hood V7. Ce sont les fameuses demie Ghillies qui ne couvrent que les épaules avec capuche intégrée. Objectif : casser la silhouette humaine reconnaissable par les algorithmes de vision ou les opérateurs drones. Mike Jones le porte y compris hors mission de combat : « Même si je remonte 2 km pour aller chercher des munitions, je mets quand même un leaf suit pour minimiser ma signature face aux drones. »
Balaclava (cagoule) systématique. La peau claire d’un combattant occidental devient un point lumineux identifiable depuis un drone sur fond de végétation verte ou brune. La balaclava reste en place. Compromis acceptable même si elle interfère avec les lunettes balistiques.
Pas de drapeau national. Aucun patch occidental visible. Doctrine Homme gris.
Réponses tactiques
« Do not trust the sky ». Règle fondamentale : si vous voyez le ciel, ce qui est dans le ciel vous voit. Le critère de choix d’un chemin dans une tree line devient la quantité de ciel visible, pas la rapidité.
Drone hold sans lever les yeux. Le visage humain tourné vers le ciel devient un point lumineux face caméra. Sur annonce « drone », tous s’immobilisent, baissent la tête, tirent la capuche du Viper Hood, ramènent l’arme contre le corps.
Tranchées profondes avec overhead. Idéal : 2 mètres et plus, logs de 30 cm de diamètre en travers, polyéthylène d’étanchéité, 30 cm à 1 mètre de terre par-dessus.
Méfiance des filets de camouflage synthétique. Les FPV russes équipés de bouteilles d’essence brûlent un filet synthétique en moins d’une minute.
On remarque que la capacité de discrétion devient synonyme de survie là où la supériorité logistique et de feu suffisait dans les guerres antérieures. Les contre-mesures anti-drones ressemblent beaucoup aux doctrines de lutte contre les tireurs embusqués. À ceci près que les drones sont plus nombreux, plus mobiles et sans instinct de survie.
Sur la dimension attention et terrain, voyez aussi L’attention, pilier de la survie.

Une fois repéré, le délai jusqu’à l’impact dépend du type de réponse mobilisée. Tableau récapitulatif établi par Mike Jones :
| Type de réponse | Délai détection / impact | Pourquoi |
|---|---|---|
| Mortier / artillerie | 45 secondes à 2 minutes | L’équipe drone transmet les coordonnées, l’équipe tir indirect appuie dans la foulée. Vous entendez les sifflements arriver. |
| Drone FPV | 10 minutes environ | Les équipes FPV sont positionnées 10 à 20 km à l’arrière. Le drone met ce temps à franchir la distance. |
Taxonomie rapide des drones du front
| Type | Rôle | Caractéristique |
|---|---|---|
| SuperCam | ISR haute altitude | Avion à voilure fixe, cherche les installations en profondeur |
| Shahed | Frappe longue distance | Drone iranien, plusieurs centaines de km, menace stratégique |
| Mavic et équivalents | ISR + dropper | Quadcopter adapté, outil principal de surveillance et de drop |
| Vampire / Baby Yaga | Heavy lift | Multirotor capable de transporter mortiers, mines TM62, charges thermobariques |
| FPV 7″ early war | Kamikaze courte distance | Drone racing avec ogive RPG scotchée |
| FPV 10-12″ et plus | Kamikaze + payload | Hélices plus larges, plus de portée, charges thermobariques |
| FPV fiber optic | Kamikaze EW-immune | Drone relié par fibre optique, immunisé contre le brouillage, mais lent et fragile |
Évolution des fréquences face à la guerre électronique
Le réseau 2,4 GHz est saturé. S’ensuit une migration progressive vers 1,2 GHz puis 900 MHz pour gagner en fiabilité. Le FPV fibre optique va plus loin : pas de signal radio à brouiller, donc invulnérable à l’EW. Le prix : un drone plus lourd, plus lent, et qui se déconnecte au moindre câble sectionné.
Évolution matérielle
Doubles communications. Deux postes radio distincts portés simultanément, un local pour le groupe de combat, un autre pour le commandement. Redondance critique (règle du 2 = 1 / 1 = 0) : une radio neutralisée en mission équivaut à un membre d’équipe perdu. C’est une perte redoutable.
Ça rejoint l’idée déjà ancienne de cibler le porteur de radio, le chef de groupe, les armes lourdes.
Réponses tactiques
Retirer la protection auditive. Contre-intuitif mais vital. Les Sordin, Peltor, Comtacs et autres protections actives filtrent les hautes fréquences agressives. Le problème : le bourdonnement du drone se situe précisément dans cette bande. Mike Jones témoigne que la majorité des combattants retirent leur protection auditive, sauf cas extrêmes (mitrailleur, mortier servant à courte distance).
FPV strike, c’est shrapnel pas blast. Face à un FPV en approche, vous ne pouvez pas être hors du souffle à courte distance. L’objectif c’est de bloquer la trajectoire des éclats. Tronc d’arbre de plus de 30 cm, rocher, dépression naturelle dans le sol. Pour les drones droppers (Mavic qui lâche une grenade) : 3 secondes et demie entre largage et impact, ce qui suffit à atteindre un abri si on l’avait repéré à l’avance.
Le retrait de la protection auditive agit en opposition directe avec les recommandations classiques. Les militaires français sont formés à protéger leurs oreilles coûte que coûte. La doctrine ukrainienne dit l’inverse. C’est de la gestion des risques purs. Mieux vaut détecter le drone en risquant son audition que la protéger mais mourir d’une grenade larguée sur notre position. C’est probablement la bascule mentale la plus violente pour un combattant de l’OTAN qui débarque là-bas.

Une route claire aujourd’hui n’est plus celle de demain. C’est probablement le changement le plus profond par rapport au GWAT.
Les principales menaces au sol
- PFM1 (butterfly mine, toe popper) : mine antipersonnel soviétique très légère, déposable en grand nombre. Conçue pour mutiler, pas pour tuer. La logique : mobiliser plusieurs combattants pour l’évacuation et créer un fardeau logistique.
- Bouncing Betty : mine bondissante qui s’élève à hauteur de torse avant d’exploser, distribuant les éclats dans un rayon large.
- Dispositifs non explosés : obus de mortier ou d’artillerie n’ayant pas détoné, drones FPV ayant perdu signal avant impact et restant au sol intact mais armé.
Le minage à distance par drone
Innovation majeure de cette guerre : les Mavics et surtout les heavy lift drones (Vampire, Baby Yaga) peuvent disperser des PFM1 par dizaines en une seule passe. Conséquence : une route reconnue propre par votre équipe peut recevoir 100 mines dans la nuit.
Vous pouvez parcourir une route 20 fois sans incident. La 21e fois, vous trouverez des engins qui n’étaient pas là avant, parce qu’ils ont été droppés par les airs pendant la nuit.
Mike Jones, sur le minage à distance
Problème issu de la Première Guerre mondiale. Les mines et autres explosifs transforment le terrain, le trench foot (pied de tranchée) reste donc une pathologie sérieuse en 2026.
Recommandations Mike Jones : chaussures Vans MTE Gore-Tex en hiver (étanche, léger), Salomon en été (très respirantes, type chaussure de trail). Toujours une paire de chaussettes de rechange dans le sac, poudre de talc pour les pieds quasi systématique. Mike Jones : « Quelque chose d’aussi simple qu’avoir un pied mouillé pendant quelques jours réduira vraiment votre capacité à faire votre boulot à 100%. »
Réponses tactiques
Look down, scan up. En patrouille classique, on regarde devant soi. En Ukraine, la doctrine s’inverse : on regarde le sol en continu, on scanne le ciel par à-coups.
Changer les habitudes, horaires et itinéraires. Si vous exfiltrez systématiquement à la même heure pour profiter du thermal crossover, au bout de 20 exfiltrations l’ennemi sera prêt à cette heure le 21e jour. La routine tue.
Thermal crossover comme fenêtre tactique. Au lever et au coucher du soleil, le contraste thermique humain et environnement est minimisé. Fenêtre de mouvement préférable, mais à ne JAMAIS rendre systématique.
Le sol piégé était déjà problématique du fait des IED (engins explosifs artisanaux) mais il nécessitait l’intervention physique d’humains pour les poser. A présent, il est possible d’en voir « fleurir » n’importe où et n’importe quand. C’est devenu un problème de chaque combattant à chaque pas. Qu’importe le chemin, il ne sera plus jamais sûr.

Quand le contact se déclenche, vous combattez seul. Pas d’hélicoptère pour vous évacuer en 20 minutes. La logique de l’engagement change radicalement.
Recon by fire et doctrine de suppression
Dans les zones boisées contestées, la pratique ukrainienne est explicite : vous ne nettoyez pas une tree line par identification visuelle et tir précis. Vous la nettoyez par tir de suppression et « recon by fire » (reconnaissance par le feu). Le principe tient en quatre mots répétés en cycle : grenades, grenades, rafales, rafales.
Logique : mieux vaut neutraliser une menace présumée à distance avec suppression que de s’approcher pour identifier visuellement en risquant de ne pas pouvoir être évacuée.
Réponses matérielles
13 chargeurs et plus. Le standard GWAT était de 6 à 7 chargeurs. En Ukraine, la dotation grimpe à 13 ou plus pour une mission direct action. Vous ne tirez pas pour toucher, vous tirez pour saturer.
Plaques de protection balistiques souples latérales non négociables. La menace shrapnel est massive (drones bombardiers, mortiers, 120 mm et plus). Voir aussi le mémento protection balistique.
Garrots tourniquets en quantité et uniformité d’équipe. Au minimum 5 tourniquets répartis sur le combattant (arrière, deux sur le torse, deux dans l’IFAK), plus une réserve dans le sac. « On a quatre membres, mais on a plus de quatre amis. » L’enjeu critique : que tout le monde porte ses garrots aux mêmes endroits entre membres d’équipe.
Réponses tactiques
Doctrine « grenades, rafales ». Dans une tree line contestée, vous lancez les grenades avant d’avancer, vous tirez des rafales avant d’identifier, vous répétez le cycle. Pas glorieux, pas chirurgical, mais documenté comme la doctrine qui marche en 2024-2026.
Auto-extraction obligatoire. Vous partez en mission avec la conscience que si vous tombez et que vos camarades ne peuvent pas vous porter, vous mourez. La charge mentale est donc énorme et crevante.
L’élément qui me semble le plus transposable à la vie civile, c’est l’uniformité d’emplacement du matériel. En entreprise, en famille, dans votre voiture : tout le monde doit savoir où est le matériel de premier secours chez l’autre. Pas seulement chez soi. Cinq secondes gagnées sur une hémorragie, c’est une vie sauvée.
Une grosse trousse de secours bien visible à l’entrée de la maison est donc une super solution. Attention toutefois à l’entraînement régulier.
J’ai malheureusement déjà vu quelqu’un se couper méchamment, saigner fort, passer devant la trousse de secours pour venir me voir. Heureusement, j’en place souvent deux. Une à l’entrée pour agir vite y compris dehors et une à l’étage dans mon sac de tous les jours.
Mais c’est intéressant de noter que quelqu’un qui sait que le matos de soin est juste devant lui peut passer en vision tunnel et ne pas voir la solution la plus simple. Compression manuelle, crier pour attirer l’attention, utiliser le matériel.

Le scénario type : vous partez pour 3 jours sur une position. Vous restez 14 jours parce que les routes logistiques ont été minées dans l’intervalle. Votre matériel doit vous permettre de tenir bien plus longtemps que prévu.
L’arithmétique de l’autonomie
Mike Jones formule la règle simplement : pour une rotation prévue de 7 jours, prévoyez 10 à 12 jours d’autonomie. Pour 3 jours, prévoyez l’équivalent d’une semaine. La marge n’est pas une option, c’est la base.
Un kilo devient dix très vite quand vous êtes sous stress, sous pression, fatigué, épuisé.
Mike Jones, sur la perception du poids du sac en opération
Réponses matérielles
Modularité absolue. Le porte plaque peut accueillir un radio supplémentaire, un chargeur de moins, des barres en plus. Tout en MOLLE, tout reconfigurable en 15 minutes.
Snacks accessibles d’une main. La dangler avant du plate carrier est remplie d’en-cas que vous saisissez sans déposer le sac à dos. Sous stress prolongé, vous mangez moins bien et vous brûlez plus.
Casque OpCore vs casque de dotation chinois. Mike Jones témoigne d’une « différence jour et nuit » en passant à un OpCore Fast HC XP Skeleton. Sur 8 heures de port quotidien × 14 jours, le poids et l’équilibrage NVG / contrepoids font la différence.
Les vêtements en 7 couches successives mais attention au porte plaque. Erreur fréquente : grosse veste d’hiver portée sous le plate carrier. Conséquence : transpiration massive sans possibilité de retirer la veste sans retirer la protection balistique. Solution : veste légère et coupe-vent sous le PC, sur couche chaude par-dessus.
L’arithmétique de l’autonomie c’est ce qui se transpose le plus directement à la préparation civile. Pour un déplacement, pour une coupure réseau, pour une panne longue. Trois jours prévus, sept jours d’autonomie embarquée. Toujours. C’est gratuit, c’est invisible, ça change tout en cas de pépin.
J’aime aussi l’usage des vestes légères type Tramontane Helikon Tex et autres ponchos légers. Du fait de leurs compacticités, ils sont toujours dans le sac là où un équipement plus lourd resterait à la maison.
Vous préférez lire hors connexion ?
Le dossier complet en PDF mis en page, 25 pages format A4, sources officielles téléchargeables incluses. Pour 3 euros, vous gardez le confort.
Ce qui se transpose au civil français
Plusieurs principes sont utiles en préparation civile, même pour qui n’imagine pas porter un porte plaque en public.
| Principe Ukraine | Transposition civile française |
|---|---|
| Réduction de signature (Menace 1) | En urbain, éviter les comportements de cible idéale : téléphone à la main en marchant, écouteurs à fond en parking souterrain. |
| Audition comme capteur (Menace 2) | Pas de casque absorbant en transit urbain. Volume modéré, casque ouvert, ou un seul écouteur en place. |
| Look down, scan up (Menace 3) | Conscience permanente du sol et du périmètre supérieur (balcons, fenêtres, lignes de visée d’observateurs). |
| Anti-patternisation (Menace 3) | Ne pas répéter toujours le même horaire et le même trajet. La routine vous rend prévisible et facile à atteindre. |
| Tourniquets multiples et uniformité (Menace 4) | Trousse de premiers secours dans l’entrée de la maison, la voiture et le sac quotidien. Tout le monde doit savoir où est quoi chez tout le monde. |
| Arithmétique de l’autonomie (Menace 5) | Pour un déplacement prévu 3 jours, prévoir 7 jours d’autonomie embarquée en eau, énergie, médicaments. |
| Modularité du kit (Menace 5) | Sac EDC à poches détachables, modules interchangeables selon la sortie. |
| Layers cohérents (Menace 5) | Couche de base respirante, couche intermédiaire isolante, couche externe coupe-vent imperméable. |
| Pieds secs (Menace 3) | Chaussures de marche étanches Gore-Tex en saison froide, chaussures respirantes en été. |
Pour un panorama complet du matériel tactique et de ses usages, consultez le glossaire matériel tactique.
Pour comprendre quel niveau d’équipement correspond à quel profil, voyez Quel équipement pour qui ?
Ce qui NE se transpose PAS
Tout n’est pas transférable. La législation française et l’absence de cadre opérationnel rendent illégal ou inutile une partie du matériel décrit.
- Port d’un porte plaque complet en public. Vous n’êtes pas en guerre. Par contre, une plaque dans le sac du quotidien constitue un choix judicieux en milieu urbain.
- Plaques niveau IV. Lourdes, chères, souvent inutiles pour 99% des civils.
- NVG (Night Vision Goggles). Possession légale mais usage en public hautement problématique.
- Armement automatique et lance-grenades. Interdits aux civils en France, sans exception.
- Leaf suit en milieu urbain. Utile uniquement en activité chasse, photographie nature ou airsoft.
- IR strobe. Sans cadre opérationnel, inutile et possiblement dangereux.
- Tactiques anti-drone. Le ciel français au-dessus de votre tête n’est pas saturé de Mavics ennemis. Merci de ne pas ouvrir le feu au 12 sur les drones en France.
8 questions concrètes
1. Faut-il acheter un porte plaque pour la préparation civile en France ?
Sauf cas professionnel spécifique, non. Et pourtant j’en vend. Mon but ici n’est pas de vous refourger le plus rentable pour moi mais de vous donner des solutions adaptées à vos problèmes reels. Investissez plutôt dans une trousse médicale solide, des chaussures, une formation premiers secours et la mise à niveau de votre kit EDC.
2. Le Lapa Gear Viper Hood V7 est-il accessible aux civils ?
Oui, en vente libre en ligne.
3. Quel modèle de tourniquet recommandé pour un civil ?
CAT (Combat Application Tourniquet) de North American Rescue, ou équivalents certifiés TCCC. Évitez les contrefaçons à 5 euros sur les marketplaces : ils cassent.
4. La doctrine « retirer la protection auditive » se transpose-t-elle au civil ?
Non en tant que telle, mais le principe sous-jacent oui : votre audition est un capteur. En urbain de nuit, des écouteurs à fond ou un casque vous privent d’un signal précieux.
5. « Do not trust the sky » en France, c’est applicable ?
Dans le contexte civil français, non au sens littéral. En revanche, l’idée plus large d’identifier les points d’observation au-dessus de votre niveau de vue (balcons, fenêtres, toits) reste utile.
6. Les boots Vans MTE Gore-Tex sont-elles vraiment fiables ?
Oui, modèle confirmé. Alternatives haut-de-gamme : Meindl, Lowa, Hanwag. Pour l’été type Salomon : Salomon XA Pro 3D ou équivalent Merrell.
7. Comment construire un kit EDC français inspiré de ces leçons ?
Sac à dos modulaire 20-30L, trousse médicale incluant 1 tourniquet certifié et 2 compressifs hémostatiques, 1 litre d’eau et 2 barres énergétiques, lampe frontale, téléphone chargé et powerbank, veste légère, chaussures adaptées à la saison.
8. Si je voulais retenir une seule leçon de tout cet article, ce serait laquelle ?
Détruisez vos habitudes. Universelle, gratuite, immédiatement applicable. Ne répétez pas les mêmes horaires, les mêmes trajets, les mêmes habitudes visibles. Que ce soit en zone de guerre face à un drone d’observation ou en zone urbaine face à un agresseur opportuniste, le mécanisme est le même : la routine fait de vous une cible prévisible et facile. Restez curieux de tout.
Sources et bibliographie
Sources primaires : entretiens vidéo
La présente synthèse s’appuie principalement sur trois entretiens publiés sur la chaîne YouTube Grand Them, série dédiée au retour de combattants étrangers engagés en Ukraine.
Études scientifiques (peer-reviewed)
Les chiffres médicaux et opérationnels cités dans cet article sont corroborés par les publications suivantes.
- Qualitative assessment of combat-related injury patterns and injury prevention in Ukraine since the Russian invasion : PubMed (réf. 39904535). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39904535
- Qualitative assessment of point of injury to Role 2+ combat casualty care in Ukraine : PMC PMC12198803. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/PMC12198803
- Medical Implications of Emerging Unmanned Aircraft Systems in Military and Combat Environments: A Narrative Review : Military Medicine, Oxford Academic, 2025. academic.oup.com
- Understanding the health threats of drone warfare : The Lancet, 2025. thelancet.com
- MedGlobal Report : Drone Warfare Demands New Models of Medical Response in Ukraine and Beyond. medglobal.org
Manuels et publications de doctrine militaire
Pour les sections taxonomie drones, tactiques de suppression et contre-mesures.
- Lessons from Ukraine : Military Review, US Army Press, septembre-octobre 2025. armyupress.army.mil
- Russian FPV Drone Manual : manuel d’emploi tactique des FPV publié par l’État-major russe (traduction et analyse RTO Tech). rtotech.org
- Drones in Modern Warfare: Lessons Learnt from the War in Ukraine : Australian Army Research Centre, Occasional Paper 29. researchcentre.army.gov.au
- The Drone Revolution: Lessons from Ukraine : Hugo Brown, Riga, 2025. liia.lv
- The First-Person View Revolution and Its Implications : USMCU Insights. usmcu.edu
- Ukrainian Unmanned Aerial System Tactics : US Army TRADOC G2 Operational Environment Enterprise. oe.tradoc.army.mil
Doctrine française
Pour la mise en perspective avec le cadre français de référence.
- DIA-3.3.8 : Emploi des systèmes de drones aériens en opérations : doctrine interarmées publiée par la CICDE (Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations), 24 avril 2020. Document de référence sur l’emploi opérationnel des drones aériens en OPEX et sur le territoire national.
- TTA 150 Titre VI : Renseignement : manuel du Toutes Armes de l’armée de Terre. guerredefrance.fr
- Concept d’Emploi des Forces Terrestres (CEFT) 2020-2035 : CDEC, armée de Terre. c-dec.terre.defense.gouv.fr
- Rapport Sénat : Se préparer à la guerre des drones, un enjeu stratégique : rapport d’information n° 711 (2020-2021). senat.fr
- FRS – Recherches et Documents : doctrine et emploi des drones : Fondation pour la Recherche Stratégique. frstrategie.org
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