Undersurvival Podcasting Episode 1: Pourquoi personne ne comprend le Survivalisme ?

Intro :

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Mes pas résonnent à travers les longues étendues glaciales qui m’entourent.

je sens la bride de mon masque frotter contre mon crâne qui me sonne.

Une douleur lancinante devenue ma compagne depuis quelques heures déjà.

Mon regard s’émousse mine de rien.

Fatigue quand tu nous tiens.

Un bruit déchire le silence de mes sens.

Un staccato d’un vieux fusil d’assaut au loin puis plus rien.

Par-delà les anciennes digues qui ne retiennent maintenant plus qu’un passé lointain

oublié de tous.

mon corps se fige, mon esprit dérive.

Il me faut reprendre mon chemin quand mon pied bute contre un vieux parchemin.

Me voilà qui le tient au creux de ma main.

Il s’ouvre et je découvre un vieil artefact des plus communs.

Mes doigts glissent au hasard et déclenchent un son par-delà le câble qui pend sur le côté.

Par instinct, je porte la petite chose de plastique sombre au creux de mes oreilles.

Et c’est là qu’une voix s’éveille… 

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Salut à tous, je suis Tacline la ligne tactique et bienvenue sur Undersurvival Podcasting!

Aujourd'hui on va tenter d’expliquer ce qu’est le Survivalisme mais surtout pourquoi il demeure un éternel incompris auprès du grand public.

Pour ce faire, commençons par la définition en sortant un bon vieux Larousse.

Nous pouvons y lire qu’Il s'agit d'un mode de vie d’une personne ou d’un groupe de personnes qui se préparent à la survenue, à plus ou moins longue échéance, d’une catastrophe qu’elle soit nucléaire, écologique, économique, etc., et ce à l’échelle locale ou mondiale.

Les nouvelles formes du Survivalisme, incluant autosuffisance, solidarité et débrouillardise, recouvrent auj. des réalités et des idéologies très variées, et sont regroupées sous le terme de Néosurvivalisme.

L'idée principale de cet épisode c'est de sortir des clichés et de l'imagerie populaire qu'on a de ce mouvement.

Clichés qui d’ailleurs s’éloignent énormément de la petite définition du dico qu’on vient de voir.

On va donc éviter de sortir les conneries habituelles. On ne parlera pas de bunker, de personnes armées jusqu'aux dents, de l'extrême droite radicale de complotisme, de reptiliens ou de la certitude d'un effondrement de nos sociétés à cause des extraterrestres.

Ce sont malheureusement des propos que l’on va entendre dans la plupart des émissions qui parlent de notre sujet. On se retrouve bien souvent, avec un simple reflet peu profond, approximatif et déformé de ce qu’est vraiment le Survivalisme.

Mais du coup, comment se fait-il que le commun des mortels imagine un mec entouré de boîtes de conserve avec un masque à gaz, son fusil, le tout enterré sous 15 mètres de béton en hurlant “je vous avais bien prévenu ils se sont fait péter les cons ?”

Pourquoi est ce que c’est ça l’image du Survivalisme la plus répandue ?

Déjà car ceux qui en parlent font partie de deux grandes catégories (je simplifie la réalité bien évidemment pour faciliter la compréhension) .

Ainsi on a d'un côté, les personnes qui sont dans le mouvement et de l’autre ceux qui sont à l’extérieur et qui en parlent de loin.

Les premiers, font donc partie de cette communauté et comme tout domaine spécialisé ils auront tendance à utiliser un langage spécifique en parlant d’EDC, de BOB, de BAD, de BOV, DTOM, KISS, la règle des 5C, des trois L, des trois S etc.

Ce sont des abréviations qui permettent à ceux qui les connaissent d’aller plus vite dans leurs échanges mais qui rendent hermétique la venue de novices qui doivent donc apprendre pour pouvoir communiquer.

Le nouveau venu risque de ne pas comprendre quand un survivaliste parle de son univers, si ce dernier utilise un jargon propre au domaine sans le définir.

C'est un souci qui n’est pas l’apanage de ce milieu. Le corps médical utilise des mots complexes OBVA, AVP, ACT , les militaires également avec les FOMECBLOT, CASTRE, PANASE etc.

Finalement, dès qu’il y a communauté, rassemblement d’humains, un langage spécifique se développe.

Sauf que, nous sommes dans une société de la rapidité. Du tout, tout de suite et maintenant. Les spectateurs du net ne veulent pas avoir à chercher pour comprendre. Si le discours n’est pas clair, limpide et simple, ils vont juste passer à autre chose.

Bien évidemment, je fais des généralités pour faire comprendre ce que je raconte plus facilement. Tous les viewers ne sont pas comme ça, tous les survivalistes non plus.

Autre point concernant cette première catégorie, c’est la part belle à un phénomène de “freak show”. Ou la course à l’audimat. Toujours plus de vues, toujours plus d'abonnés, toujours plus d’attention.

Il est plus tentant de mettre en avant les excès et les débordements d’un mouvement

vu que nous avons tendance à plus facilement réagir au négatif qu’au positif.

D'un point de vue de l’évolution, le risque est synonyme de mortalité, il est donc plus facilement pris en compte.

Rappelons la pyramide de Maslow dont le socle est constitué des besoins physiologiques en premier puis de la sécurité, l’appartenance, le besoin d’estime et le besoin de s’accomplir.

Ceux qui parlent de destruction et de fin du monde en jouant sur la peur attirent donc plus facilement l’attention car il s’adresse aux premiers paliers de la pyramide.

Ainsi, nous prêtons plus facilement attention au côté alarmiste d’une poignée d'extrémistes qu’au côté rassurant et terre à terre de la majorité. 

Simplement car ils évoquent des événements susceptibles de mettre fin à notre existence.

C’est le côté prêcheur de la fin du monde.

La fin du monde est arrivée ! La fin du monde est arrivée ! La fin du monde est arrivée ! fuyez pour vos vies ! fuyez pauvres fou !

je rappelle que les extrêmes sont très rarement majoritaires. Mais qu’avec internet on aura tendance à l’oublier car la majorité silencieuse n’est-elle pas visible

L’idée derrière tout ça c'est de de mettre en avant un personnage borderline, en marge de la société de façon à faire réagir le spectateur pour qu’il se rassure en se disant qu’il est “normal” dans le sens d'adéquation avec les normes sociétales.

Ainsi il est plus susceptible de partager, de liker, de commenter et donc de faire grossir la visibilité du contenu.

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Revenons aux survivalistes qui parlent aux survivalistes.

En plus d’user d’un langage de spécialiste, la plupart n’arrivent pas ou peu à sortir de leurs bulles. Ils s’adressent à des initiés en oubliant la plupart du temps de se mettre à la place d’un nouveau venu.

Il existe bien sûr du contenu spécial débutant mais la majeure partie du temps l’on va tomber sur des choses comme : “quoi mettre dans mon EDC, comment créer la BAD de mes rêves etc. “

Donc des productions qui, de manière inconscience, nécessitent des bases pour être comprises.

Et c’est normal. Du point de vue du créateur de contenu, il va en permanence avoir l’impression de revenir sur des choses simples pour lui et aura donc tendance à se dire je privilégie le noyaux dur des gens qui me suivent car ce sont eux qui interagissent avec moi et les nouveaux n’ont cas regarder mes premières vidéos pour comprendre. Ils devraient faire le travail par eux-mêmes. car moi je donne de ma personne donc eux devraient faire de même.

Ajoutons également que le visiteur peut très bien tomber sur une création sortie de son contexte. La partie III d’une réflexion globale sur tel ou tel chose par exemple.

La notion de début, de milieu et de fin est diluée au profit de la nouveauté et donc de la question est ce que ce travail est récent?

Faisons l’analogie avec le fait d’ouvrir un livre et de s'arrêter sur une page au hasard

ce que nous allons lire n’est pas éclairé par la somme des pages précédentes ce qui peut amener à une mauvaise interprétation de la part du visiteur.

SI le créateur développe, admettons, l’idée qu’il faut pouvoir se protéger d’une agression, par exemple d’un viol. 

Qu’il commence par parler du fait que la police ne peut pas intervenir en 30 secondes, qu’il explique bien qu’il faut respecter les lois en vigueur, qu’il parle de sécurité personnelle, d’analyse de son environnement et qu’il enchaîne sur l’arme et son usage en dernier recours.

Mais que le spectateur lui clique sur un contenu qui fait suite à toute cette réflexion, qui parle de quelle arme choisir pour se défendre.

Le spectateur n’aura pas conscience de l’amont et va pouvoir imaginer que le créateur conseil de s’armer et de se défendre au mépris des lois car c’est un gros survivaliste redneck.

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Les survivalistes sont également très différents les uns des autres. Eux-mêmes ont parfois du mal avec la définition du mouvement. Ainsi certains vont se revendiquer survivaliste alors qu’ils sont plutôt preppers.

D’autres qui sont autonomistes, décroissants, low techs vont justement affirmer ne pas être survivaliste car ils associent survivalisme et prepping en y ajoutant un coté négatif à la chose. 

Il y a finalement confusion au sein même de la communauté avec des sons de cloches différents. De quoi se perdre dans toutes ses nuances.

Notamment car chacun parle de sa propre définition. très peu vont retourner aux sources et aux origines du mouvement. Très peu parlerons de Don Stephens de Kurt Saxon de Bruce D clayton par exemple.

Simplement car n’importe qui peut se revendiquer survivaliste, ouvrir sa chaîne et en parler. Il n’y a pas besoin d'être un expert reconnu du domaine. Pas besoin d’expérience. Ni même d'être bon là-dedans. C’est le revers de la médaille de la démocratisation de l'information ou n' importe qui peut percer indépendamment de sa qualité ou de ses connaissances.

Un ensemble de facteurs non exhaustifs qui peuvent mener à une vision déformée du mouvement.

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SI nous passons à la seconde catégorie, les personnes qui ne sont pas survivalistes mais veulent en parler, eh bien justement eux, auront du mal à comprendre le mouvement car ils n’auront pas forcément, le temps ni l’envie d’effectuer des recherches approfondies.

Ils risquent donc de se baser sur les premières propositions de contenu, rappelons l’effet freak show, donc des contenus qui ne sont pas le reflet de la majorité ou bien se baser sur tel ou tel survivaliste qui en réalité n’en est pas un mais qui appartient plutôt à la catégorie Preppers.

Je parle de Prepping et du Survivalisme comme deux choses différentes là où la plupart pensent que preppers n’est que la traduction anglaise de survivaliste.

Et que donc on peut dire soit l’un soit l’autre. et qu’on s’en bas les couilles au final.

Alors que le mot originel est “Retreaters” celui qui se met en retrait qui laissera la place aux mot “Survivalist”.

Personnellement, je définis un preppers comme un individu se préparant à la fin du monde. Donc quelqu’un qui est très spécialisé sur un scénario de type macro comme une rupture de normalité globale et totale. Par exemple, se préparer à la fin du monde provoquée par une pandémie.

Ainsi chaque preppers choisit selon sa propre sensibilité ce qu'il pense être la fin du monde et s'y prépare.

Il envisage donc un seul cas de figure et travaille dessus pour y survivre. 

C'est un point de vue spécialiste qui va optimiser sa façon de réagir à la situation car il estime que c'est la chose la plus probable qu'il va arriver.

Bien entendu, il y a des nuances au sein même de la nuance et certains preppers vont se préparer à différents scénarios contrairement au classique mono scénario de fin du monde.

Ce qu’il y a de commun chez les preppers c'est cette notion de rupture de la normalité globale.

Pour un preppers, la société telle que nous la connaissons va forcément dysfonctionner à un moment ou un autre il ne s'agit que d'une question de quand.

Le survivaliste agit à l’échelle du microcosme. Il n’envisage pas la fin DU monde en premier mais la fin de SON monde.

Il n’est donc pas un spécialiste mais un touche à tout qui travaille sur sa résilience face aux situations qui peuvent arriver. Il envisage l’accident de la route, l’incendie, l'agression, la perte d’emploi. Donc une rupture de sa propre normalité.

Des choses qui, somme toute, peuvent arriver. Le fait qu’il se prépare à ce genre de situations lui permettra également d’avoir quelques cartes à jouer dans le scénario des preppers.

Bien entendu il existe d’autres points de vue comme les dark preppers, autonomistes, low tek, décroissant etc.

Ajoutons que chacun n’est pas forcément à cent pourcents l’un ou à cent pourcents l’autre. Chacun aura sa propre sensibilité provoquant des mélanges subtils entre les différentes visions du monde. Il est donc tout à fait possible d’avoir un point de vue preppers sur certaines choses tout en développant un côté décroissant et autonomiste.

On comprend donc que le Survivalisme est un domaine vaste et protéiforme empli de nuances de plus en plus subtil.

Chacun verra le Survivalisme sous un prisme différent.

Ce dernier ne regroupant qu’un nombre important d’individus ou de petits regroupements qui tentent d’apporter une solution à la croyance en un système de plus en plus fragile ou tout du moins faillible.

Ma propre définition n’est pas la vérité absolue. Elle aussi n’est que la résultante de mes propres expériences et de mes propres œillères.

Qu’importe notre point de vue, pour moi le cœur du survivalisme réside dans le fait de dépasser ses limites, ses peurs et sa zone de confort, devenir quelqu’un de meilleurs chaque jour. Aller de l’avant s’aider soi-même pour aider les autres.

La préparation à la situation de crise n’est qu’une excuse pour nous pousser vers le haut.

Le Survivalisme devient pour moi la justification non pas de mon inactivité mais au contraire le travail sur moi-même.

Il ne s’agit pas d’une peur d’un avenir incertain mais de la confiance sur qui je suis, sur qui m’accompagne et de ce que j’ai déjà construit.

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La petite voix dans ma tête semble s'être arrêtée tout comme l’horrible machine de mort par-delà les digues du nord.

Serais- je à présent témoin d’un morceau de quotidien d’un monde lointain ?

Mon esprit n’a point saisi chaque nuance de cette danse verbale. Peut-être que mon ami la voix et moi-même sommes simplement trop différents.

Quoi qu’il en soit me voilà qui me dresse avec maladresse pour reprendre la route.

La peau de ma main plaquée contre l’épaisse poignée de métal froid et hurlant qui colle à ma ceinture comme un gardien à son troupeau.

Je glisse le petit enregistrement au fond d’une poche et me hisse avant de disparaître à travers le blizzard.

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